Entre Catherine Girard et Philippe Jaenada : la polémique est déclarée

En cette rentrée littéraire, Catherine Girard publie In violentia veritas (Grasset, 2025), roman dans lequel elle raconte que son père, Henri Girard, lui aurait avoué le meurtre de trois membres de sa famille. Problème : dans son roman La Serpe (Julliard, 2017) l'écrivain Philippe Jaenada, proche du dossier et de la famille, donne une version bien différente de celle de Catherine Girard. Lequel dit vrai ? Pour Télérama, la journaliste Sophie Gindensperger s'est penchée sur la question.

C'est un triple meurtre familial sordide qui est découvert un matin d'octobre 1941, au château d'Escoire, en Dordogne. Georges Girard, sa sœur Amélie et Louise Soudeix, la domestique de la famille, sont massacrés à coups de serpe. Seul survivant : le fils, Henri, désormais seul héritier de la famille, qui dormait dans une chambre à l'écart.

Forcément, les soupçons se tournent sur Henri : il fait plus d'un an et demi de détention provisoire, avant d'être finalement acquitté. Sous le pseudonyme de Georges Arnaud, Henri devient écrivain, et accède à la célébrité après la parution de son roman Le Salaire de la peur (Julliard, 1949).

Deux livres, deux ambiances

Catherine Girard, 62 ans, est sa fille. Dans In violentia veritas, elle raconte qu'avant de mourir, en 1987, son père lui aurait avoué être l'auteur du crime. S'appuyant sur les archives du dossier, elle reconstitue notamment l'enfance difficile de son père, marquée par la violence de sa famille à son encontre, qui aboutit au meurtre et aux aveux in extremis de l'assassin.

Problème : un autre écrivain, Philippe Jaenada, s'est plongé dans la même affaire, laquelle lui a valu l'obtention du prix Femina 2017, pour La Serpe. Et l'écrivain, qui connait la famille et le dossier sur le bout des doigts, conclut à l'innocence de Henri Girard, malgré l'antipathie que lui inspire ce personnage, et privilégie l'hypothèse d'un crime commis par le fils des gardiens.

Or, la version de Philippe Jaenada, interviewé par Le Nouvel Obs, diffère de celle de Catherine Girard.

Proche de certains membres de la famille, l'écrivain met en doute certains éléments présents dans In violentia veritas, qu’il juge incompatibles avec les faits mis au jour par son enquête. Querelle d'interprétation aussi : chacun des écrivains lit d'un oeil différent la correspondance qu'entretenaient Henri Girard et son père. Là ou Jaenada voit de la tendresse, Catherine Girard perçoit des preuves de manipulations perverses.

Alors, qui dit vrai ?

L'article complet de Sophie Gindersperger est à lire dans Télérama.

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